Jean-Pierre Brenas était au micro de RCF Puy-de-Dôme ce jeudi 9 janvier. Lors du 1/4 d’heure politique animé par Thomas Loret, il a présenté son ambition pour Clermont-Ferrand.

Retrouvez ci-dessous l’interview complète de Jean-Pierre Brenas sur RCF Puy de Dôme.

Sommaire de l’interview :

  • (1:48 – 4:07) Changer de politique pour que la nature retrouve ses droits
  • (4:19 – 5:43) Investir massivement dans la mobilité durable
  • (6:59 – 8:34) La sécurité, une question majeure sous-estimée par la municipalité
  • (8:38 – 9:40) Financer notre projet sans augmenter les impôts
  • (9:54 – 10:57) Clermont, capitale européenne de la culture
  • (11:14 – 12:40) Un tiers-lieu pour rendre l’Hôtel-Dieu aux Clermontois

Changer de politique pour que la nature retrouve ses droits

Il faut changer de politique en matière d’écologie. Les mêmes qui ont bétonné la ville pendant 6 ans nous expliquent maintenant qu’il faut la verdir. Aujourd’hui, le moindre petit carré de verdure est préempté par la ville. Chaque jour, la nature disparait un peu plus de Clermont-Ferrand.

Il ne suffira pas de simplement planter des arbres ou d’ajouter ici et là de la verdure. Il faut changer de paradigme. Faire en sorte que la nature retrouve ses droits à chaque opération d’urbanisme.

Il faut dépolluer notre ville en investissant massivement dans la mobilité propre et faire rejaillir le peu de rivière que l’on a : nous allons découvrir la Tiretaine, nous allons réaliser une piste cyclable en direction de la rivière Allier pour permettre aux clermontois de la rejoindre en 35 minutes en vélo électrique.

Investir massivement dans la mobilité durable

Notre projet en matière de mobilité durable est très ambitieux. Clermont doit d’abord changer d’image pour être attractive. Nous disposons d’atouts essentiels dans la mobilité : l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation avec un établissement comme SIGMA qui va devenir l’institut national polytechnique en s’alliant avec d’autres grandes écoles. Nous souhaitons que cet institut prenne l’identité de la mobilité durable. Nous souhaitons que Charade soit demain un grand circuit pour faire de l’applicatif en matière de recharge électrique dynamique par induction.

Nous souhaitons que les Clermontois se déplacent demain avec des navettes autonomes et des navettes électriques gratuites. Il faut là aussi inverser le paradigme et non faire une chasse à la voiture comme le fait le maire. Nous voulons rendre les choses plus simples, plus faciles. Il faut que l’on se déplace plus rapidement, de manière moins coûteuse avec des véhicules deux ou quatre roues électriques et des bus hydrogènes.

La sécurité, une question majeure sous-estimée par la municipalité

Nous voulons que les Clermontois se sentent en sécurité dans leur ville. Nous sommes dans une société qui se durcit, qui devient de plus en plus violente et nous regrettons qu’à Clermont cette question soit prise à la légère.

Il y a un double frein dans notre ville : un frein culturel tout d’abord. Lorsque l’on parle d’insécurité en conseil municipal, on nous répond que la véritable insécurité est l’insécurité sociale. Oui, il y a de l’insécurité sociale, mais aussi une réelle insécurité dans la rue. Quand on n’identifie pas les problèmes, on ne peut pas les traiter. C’est un sujet tabou dans la municipalité.

Et puis il y a un frein technique. La sécurité n’est pas assurée car nous manquons de moyens. Les policiers municipaux font très bien leur travail mais ils ne sont pas assez nombreux et protégés. Nous souhaitons ramener Clermont au niveau des autres villes en doublant le nombre de policiers municipaux pour les amener à une centaine.

Il faut aussi faire appel à de la vidéo-protection qui permet de dissuader et d’élucider, et nous avons là aussi un gros retard : une caméra pour 1800 habitants à Clermont-Ferrand contre une caméra pour 100 habitants à Nice (par exemple). Il faut ajouter des caméras de vidéo-protection dans un certain nombre de quartiers où la sécurité s’est dégradée comme Fontgiève, du côté des Minimes, de la place Delille ou encore de la place des Salins.

Financer notre projet sans augmenter les impôts

Nous avons un bel exemple avec la Région Auvergne-Rhône-Alpes qui a beaucoup investi sous cette mandature, plus que sous la précédente majorité socialiste. Il y a deux types de financement pour les investissements : les recettes extérieures qui proviennent de la dette et de la fiscalité, et puis les recettes qui viennent des économies. Comme à la région, nous prônons cette deuxième piste : nous financerons nos investissements à partir d’économies réalisées. Notre objectif est de ne pas augmenter la fiscalité sur les six années à venir.

Cela sera plus compliqué pour la dette car elle est très élevée, le président de la métropole et maire de Clermont a beaucoup dépensé : la dette est à plus de sept cents millions d’euros si on additionne la dette de la ville, la dette de la métropole et la dette du SMTC (Syndicat Mixte des Transports en Commun) qui dépend de la métropole. Il faut donc réaliser des économies pour financer nos investissements. Notre projet sera entièrement chiffré et financé.

Clermont-Ferrand, la capitale européenne de la culture

Nous souhaitons que Clermont devienne la capitale européenne de la culture. Non pas en organisant des fêtes Effervescence qui coûtent très cher (des week-ends à un millions d’euros).

Nous souhaitons au contraire que l’investissement qui sera consacré à candidater puisse être pérenne en nous appuyant sur nos atouts. Nous avons un Festival International du Court-Métrage, un savoir faire de beaucoup d’entreprises et d’industries dans le domaine de la vidéo. Nous souhaitons créer une véritable technopole autour de cette thématique en associant les laboratoires de recherches et les entreprises. Que les fruits de la recherche puissent bénéficier à toutes les entreprises pour créer véritablement une filière des métiers de l’audiovisuel, du jeu-vidéo et de l’image en général pour que cet investissement puisse créer des emplois.

Ainsi, quoi qu’il arrive, si par malheur nous n’étions pas capitale européenne de la culture, cet atout sera tout de même conservé.

Un Tiers-Lieu pour rendre l’Hôtel-Dieu aux Clermontois

A propos de la bibliothèque de l’Hôtel-Dieu : nous regrettons qu’elle ne soit pas encore réalisée quand on sait que le projet court depuis 2003. Cette bibliothèque métropolitaine, il faut la faire. Simplement, nous ne sommes pas pour cet emplacement.

Nous voulons rendre l’Hôtel-Dieu aux clermontois. Nous voulons leur offrir un lieu, un espace ouvert 24h/24h, 7 jours/7. Un lieu où on se diverti, où on se rencontre, où on crée et où l’on travaille. C’est un lieu qui sera composé de bars, brasseries, espaces de coworking, fablabs, ateliers artistiques… Ce lieu sera l’Hôtel-Dieu. Ce bâtiment historique du 18ème appartient aux Clermontois, nous souhaitons le leur rendre.

Imaginez demain un brunch de l’Hôtel-Dieu, tous les dimanches matin qui rassemblera toutes les couches sociales, toutes les générations et les forces vives de notre ville. Ce lieu sera un Tiers-lieu. Toutes les grandes villes s’y mettent : L’espace Darwin à Bordeaux et le Shadok à Strasbourg par exemple.

Ainsi, nous ferons revivre l’Hôtel-Dieu. Non pas avec une bibliothèque fermée à 15h le vendredi mais avec un lieu qui sera véritablement vivant jour et nuit, tous les jours de la semaine. C’est une nouvelle façon de parler de sociabilité à Clermont car c’est une ville généreuse, fraternelle et elle doit le rester.

Les cinq grandes causes de notre projet pour Clermont-Ferrand